Lost in Translation - Le Cinéma de Porky
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Cinéma de Porky





Lost in Translation
(2003)
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LES AVIS

Avis de Ludo -
Décidément, la petite fille frêle et brune du grand Francis Ford a de quoi etonner... Après sa ballade rétro dans les banlieues américaines sur fond de spleen adolescent, Sofia nous propose une errance contemplative dans le bruit et les lumières des ruelles Tokyoïtes...
Bob, acteur à la carrière qui s'égare, se rend au Japon pour tourner un pub pour du whisky, un truc purement alimentaire. Ca l'ennuie. Il aimerait être chez lui, avec sa femme et ses gosses et dans un théâtre à jouer Shakespeare...
Charlotte traîne son ennui dans un grand hôtel où elle erre seule, délaissée par un mari photographe surbooké...
Comme dans son précédant film, les personnages de Sofia sont des gens qui existent dans un état à distance du monde... Dans le bruit, dans la confusion, entre deux verres au bar de l'hôtel lors d'une insomnie, la rencontre se scelle... La trame, beaucoup plus lâche que dans Virgin Suicides, permet à la cinéaste d'adopter une forme composite qui donne à cette errance sentimentale un ton impressionniste qui s'adapte merveilleusement à la situation...
Elle capte avec une belle justesse ce moment où le sentiment amoureux naît, où le désir affleure, quelque chose qui ne se dit pas, ne se formule pas...
On le sait, Sofia est une grande romantique mais loin d'elle d'être dans la niaiserie ou le sentimentalisme... Evoluant entre euphorie légère et langueur éthérée ( hystérie joyeuse des séances de karaoké ou long plan séquence où Bob et Charlotte s'endorment enfin côte à côte ), le film nous fait savourer avec une paresse bienvenue le délice d'un temps partagé par ces deux âmes perdues... Si le désir est aussi palpable a l'écran, c'est aussi parce qu'il passe entre la cinéaste et son sujet, qu'elle filme le corps frêle et diaphane de Scarlett Johannssen ( d'un délicatesse inoubliable ) ou celui lourd et fatigué de Bill Murray ( merveilleux Droopy dépressif et paumé )... Leurs belles silhouettes s'inscrivent avec une grâce infinie dans un espace urbain dont la transparence et la luminosité ( reflets des néons sur les vitres, vues plongeantes des chambres d'hôtel, effets miroirs des portes d'ascenseurs ) contrastent avec l'opacité et le non-dit des relations humaines...
A ce titre, Sofia refusera même qu'on entende la dernière entrevue des deux amants... Comme les Virgin Suicides, les amoureux de Lost in translation emportent leur secret loin de nous...
Peu importe, on est déjà sous le charme. Sous le charme d'un film qui se vit comme un beau rêve... un rêve dont on aimerait qu'il dure toujours...


Avis de Chris -
Bob Harris est un has-been. Autrefois tête d’affiche, l’acteur hollywoodien en est aujourd’hui réduit à endorser une boisson alcoolisée au pays du soleil levant. Le voilà pour une semaine à Tokyo, loin d’une vie où il n’a plus vraiment sa place, plongé dans un monde qu’il ne comprend pas. Entre deux talk-shows japonais (comprenez «bizarroïde »), il fera la connaissance de la jeune Charlotte, touriste américaine elle aussi échouée chez ces sympathiques hurluberlus bridés.
On est très «famille » chez les Coppola ! Sofia, la fille de Francis, réalise ici son deuxième long métrage après le lancinant Virgin Suicides. Papa produit, et frérot Roman (clipeur pour Daft Punk à ces heures perdues) fait réalisateur de seconde équipe. Et pendant ce temps, le mari de la belle (Spike Jonze) tournait Adaptation avec dans le double rôle principal : Nicolas Cage, le neveu de Francis ! Rien de bien étonnant de la part d’une famille qui nous a donné la trilogie du Parrain…
Lost in Translation pêche sans doute d’un regard trop égocentrique. C’est une force lorsque l’on s’attarde sur le mal-vivre des 2 héros. C’est une faiblesse lorsque l’on s’intéresse à la description d’une culture encore trop souvent mal comprise et rayée par la plupart des occidentaux. Le Tokyo du film n’est qu’une carte postale : un décor pratique pour faire sentir la solitude des deux américains et un cliché sympa pour faire rire le public. Ce n’est en tout cas pas ce film là qui nous rapprochera de nos voisins samouraïs.
Le vrai sujet du film, c’est cette solitude que l’on a tous ressenti un jour. Ce sentiment de ne pas avoir de place dans le monde. Pour cette partie là, c’est une réalisatrice au sommet de son art que l’on retrouve à la barre, orchestrant un thème presque «bovarien », servi avec finesse par un Bill Murray que certains diront «transfiguré » (nous nous contenterons de pensez qu’il était temps que son talent soit reconnu !) et par la très jolie Scarlett Johansson, qu’on avait déjà pu apercevoir dans Ghost World. La générosité du jeu de Murray (trois sentiments à la seconde exprimés par les variations de son faciès de clown triste) y est parfaitement contrebalancée par la retenue presque malsaine du personnage de Johansson. Le tout mis en image à la manière des naturalistes, dans une succession de vignettes délavées …comme un album d’instantanés volés ! Hors, c’est bien connu, on ne vole que ce qui est précieux !


Avis de Joh -
Chef d'oeuvre ? je ne sais pas. très bon film en tous cas, drôle et intelligent. L'histoire d'un acteur américain, la cinquantaine, qui part à Tokyo tourner un spot de pub ringard. Sur place, il croise une jolie jeune fille, mariée à un photographe lourdingue qui la délaisse. Elle s'ennuit à mourir dans une ville trop grande pour elle. Vont-ils se parler ? S'apprécier ? S'aimer ? LOST IN TRANSLATION est une oeuvre brillante, très belle. L'histoire n'a rien d'extraordinaire, elle est même très classique mais Sofia Coppola la met en image de manière très personnelle. Et ça fait mouche. Le spectateur est sous le charme. Bill Murray (Un jour sans fin) dans le rôle de l'acteur grognon est fabuleux. Scarlett Johansson est, elle, très touchante. Sofia n'est pas la moins douée de la famille Coppola....

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