Elephant - Le Cinéma de Porky
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Cinéma de Porky





Elephant
(2003)
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LES AVIS

Avis de Ludo -
Alors que trois prix ont été attribués aux pataudes Invasions barbares et leurs soporifiques soixante-huitards québécois, la palme d'or et le prix de la mise en scène revenaient à Gus Van Sant et à son film Elephant...
Qu'en est-il ?
Et bien déjà il y a trop peu de films cette année qui peuvent se targuer de proposer des solutions cinématographiques aussi radicales et stimulantes pour que l'on ne s'intéresse pas à cet Elephant...
Dénué de toute volonté de raconter et d'expliciter la tuerie de Colombine, Elephant se présente comme une errance au sein des évènements... la caméra traverse cet univers tel un fantôme, s'attardant de manière intuitive sur des instants qui précèdent la tragédie...
Des portraits de jeunes gens, dessinés de manière à la fois floue et pointilleuse, dans un style impressionniste... Le film distille une atmosphère flottante et sensuelle qui se déploie sur un rythme tour à tour tendu et languide... L'indécision de la temporalité ( le film n'est jamais chronologique et plusieurs scènes se répètent ) accentue cette impression autant qu'elle suscite une participation active du spectateur qui adopte peu à peu le regard à distance affectueuse de Van Sant...
Le lycée, véritable labyrinthe sans fin, devient un espace complexe ou chaque porte, chaque salle, chaque coin cache son lot de drames, d'émotions futiles et d'instants sublimes... jusqu'à l'inévitable chaos...
Certes, Van Sant ne cache pas sa fascination pour ces kids qui sont incroyablement sexy et attirants et qui se meuvent, se blessent avec une légèreté et une grâce qui confine au sublime...
Il ne faut pas y voir une complaisance morbide dans un film qui se veut avant tout une rêverie à la fois fascinée et horrifiée sur ses destins qui dérapent, loin des excès moralisateurs et démonstratifs attendus...
En cela, Elephant est un film résolument moderne qui a le mérite de s'adresser à un spectateur sensible, réceptif à un cinéma capable de capter l'intime et de sublimer la banalité du monde dans toute sa complexité, même si pour cela il faut regarder l'horreur en face...
Une Palme méritée, c'est trop rare pour ne pas être souligné !!!


Avis de Pitchoune -
Gus Van Sant (Will Hunting, A la rencontre de Forrester...) s'est inspiré de la tuerie de Columbine (1999) pour réaliser Elephant. Contrairement à Michael Moore (Bowling for Columbine), il n'a pas cherché à dénoncer la mentalité américaine, ni même à expliquer les faits ; mais à les raconter.
La première partie du film, qui raconte une journée ordinaire, est organisée en flash-back : une scène est jouée trois fois, de trois points de vue différents ! Le film s'attarde sur des gestes de la vie quotidienne, il paraît très doux et très calme. En même temps, le moindre détail semble dégager une ambiance sourde annonçant l'imminence du drame... Cela crée une impression de malaise. Si certains reprochent au film d'être creux ; il ne s'est rien passé d'anormal durant la matinée qui a précédée le drame. C'aurait donc été mentir de filmer une histoire extraordinaire... Quand à la deuxième partie, Gus Van Sant a préféré une réalisme froid et poignant à un gore inefficace et déplacé ; sans toutefois verser dans les films aseptisés et « politicaly corrects » si chers aux grand studios...
Durant le massacre, il n'y a pas d'effets sanglants. Gus Van Sant n'a pas réalisé un film violent par les images ; mais il a joué sur les non-dits (ou plutôt les « non-montrés »). Ainsi l'ambiance sonore joue un rôle primordial dans l'arrivée du drame : Lettre à Elise succède aux bruits de pas dans le silence des couloirs désespérément déserts. La forte opposition musique classique / bruits des armes automatiques accentue le sentiment de malaise.
Le film est très symbolique : un adolescent porte un sweat-shirt marqué « Lifeguard », il ne pourra pourtant rien faire... Les couloirs vides de toute présence symbolisent un labyrinthe sans fin dans lequel le minotaure déambule (John arbore un taureau sur son T-shirt)... C'est un travail recherché, complexe, très abouti.
On ressort de la salle troublés, et le film reste en tête longtemps après la projection. Que l'on aime ou non ; il ne laisse pas indifférent. Il s'agit d'un des grands films de ces dernières années.


Avis de Joh -
Quelle déception !!! Moi qui étais très content de voir Van Sant remporter la Palme d'Or, je peux vous dire que, maintenant que j'ai vu le film, je me demande bien comment il a pu l'avoir ?!! Son film est d'un ennui mortel... on voit John marcher 5 min dans l'herbe, croiser des gens, regarder des filles ... OK ? A part ça ? Et bien on est content d'apprendre que Sarah met des slips verts, est mal dans sa peau, et bosse à la bibliothèque ..... Ca ne vous suffit pas ? Eric joue "lettre à Elise" 5 bonnes minutes. Il joue, il joue .... un vrai cauchemar ! Attendez c'est pas fini .... Martina et ses copines vont se faire vomir dans les toilettes après avoir mangé la bouffe (dégueulasse) du lycée. La bouffe dégueulasse !! Comme ça balance !! J'admire le risque pris par le réalisateur ! On est à 45 mins de la fin. Courage. Attention, ça devient intéressant, Lenny est pris en photo par son pote Greg dans le bahut. Il pose et s'en va. On revoit la scène 3 fois ! ! ! C'est vrai que c'est tellement important ! ! ! Chut ! Lenny marche. Et on le suit. Ca dure 5 mins à nouveau.... et on regarde sa montre, comme tous les autres spectateurs. Certains dorment. Pendant ce temps-là Greg développe les photos, pendant 10 mins. J'vous jure, 10 minutes. Certains dans la salle de ciné se pincent pour y croire "C'est ça la Palme d'Or ?". Enfin, on arrive au moment critique. Que s'est-il passé dans la tête de ces deux ados qui ont tué leurs camarades ? Qu'ont-ils peu se dire avant la tuerie ? Et bien nous ne le saurons pas. Par contre Gus Van Sant nous montre les deux gamins s'embrasser sous la douche .... que vient foutre leur supposée homosexualité la dedans ? Affligeant ! Merci Gus ! Et la tuerie alors ? Contrairement à un film comme "L'adversaire" qui traîte d'un fait divers du même style, et nous prend aux tripes, on ne ressent rien pendant la tuerie. Pas de choc. Pas d'émotions. Ah un mort ! Tiens un 2ème ! Ah ça fait 3 ..... Le comble ? Le film se termine au milieu de la tuerie, alors que les faits qui ont suivi sont sans doute les plus intéressants...... Quelle arnaque ! Pourquoi donc Gus Van Sant a-t-il choisi de suivre durant quelques heures chaque protagoniste, y compris dans les toilettes ... ? Et pourquoi donc arrête-t-il de les suivre juste avant la tuerie ? Le concept même du film s'effondre ! Au lieu de suivre les 2 tueurs minute par minute, le film revient dans le temps pour nous montrer les 2 jeunes commander l'arme, la recevoir, l'essayer, préparer leur plan d'assaut, manger, prendre leur douche, monter dans la voiture etc ... ? ? ? ? ? ? Le seul intérêt du film (son originalité ....) disparaît. Gus Van Sant a bâclé tout ça malgré quelques jolis plans, et quelques ralentis admirables. Les changements de prise de vue à la Tarantino sont également intéressants. Mais tout ça ne mène à rien.

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